Monstres et tentacules
24 04 2008L’animation Japonaise (appelée “anime”) aborde tous les thèmes, contrairement à l’animation occidentale qui se destine dans l’immense majorité à la jeunesse. Cela inclut aussi la pornographie, qu’on appelle généralement “hentai”. L’utilisation du dessin est en soi particulièrement intéressante, car elle permet de se libérer de beaucoup de contraintes de production et autorise ainsi toutes les fantaisies scénaristiques. Une différence majeure avec la pornographie traditionnelle est qu’il n’y a pas de gonzo, toutes les productions sont scénarisées (plus ou moins bien, évidemment).
Le hentai couvre virtuellement tous les domaines de la pornographie traditionnelle, et probablement bien plus. La seule contrainte de production qui existe est la loi sur la censure qui sévit au Japon, et interdit la représentation de sexes réalistes. Le terme de “réalisme” utilisé dans la loi a été interprêté par les producteurs de plus en plus à la lettre plutôt que dans son esprit, ce qui explique en partie les sous genres utilisant des monstres tentaculaires (insérer ici un rire sadique), et l’absence de poils sur les sexes féminins (le manque de réalisme de cette représentation me semble sujette à caution, mais l’astuce est véridique). En pratique, la censure qui perdure (sous formes de floutage ou mosaiques) se fait de plus en plus discrète, et des versions non censurées sont distribuées dans les pays occidentaux.
Parmis les genres principaux, on peut distinguer:
- De la pornographie “généraliste”, en fait assez proche de ce qu’on pourrait réaliser ou trouver dans les films X. Les situations sont souvent plus élaborées (et souvent perverses) que dans un film. Le genre tend à se développer, probablement du fait de son succès commercial en occident.
- Lingeries: sexe au bureau, bien réalisé
- Front Innocent: dessin de qualité hors normes, bonne réalisation, scénario prometteur (seul le premier épisode existe, le dessinateur Satoshi Urushihara est réputé pour son très lent rythme de travail)
- New Angel: adaptation en anime du manga de U-Jin qui a fait scandale en France, de qualité médiocre, mais je me dois de le citer du fait de l’importance du manga (le prmier manga érotique publié en France)
- Des productions qui marient sexe et violence. Souvent outrancier et peu intéressant, mais il y a des exceptions.
- Kite: science fiction, série très controversée (dont je n’ai d’ailleurs vu que la verision coupée) à réserver à un public averti
- Mezzo Forte: excellente série de science fiction (ayant une suite sous forme d’anime traditionnelle), réalisation hors normes
- Des comédies pornographiques, souvent gentillettes, mais toujours franchement délirantes, qui peuvent traiter de nombreux sous genres (contemporain, fantasy, science fiction, etc).
- MeiKing: série de fantasy délirante
- Des productions mêlant le sexe à des thèmes d’horreur relativement traditionnels. C’est un genre qui a plutôt le vent en poupe.
- Bible Black: magie noire, bonne réalisation
- Et enfin, le genre emblématique: les monstres à tentacules, qui s’attaquent en principe à des jeunes filles sans défense (mais pas toujours, le monstre s’attaquant parfois à des jeunes filles “avec défense”, ce qui inévitablement causera sa perte). En fait, c’est un peu plus compliqué que cela. Ce genre a été associé au hentai, car une des premières productions diffusées a été un long métrage très ambitieux faisant un usage immodéré de ce genre de créatures. Le genre est en déclin, suite au recul de la censure, après une période plutôt prolifique qui a innondé le marché d’oeuvre médiocres, voire pires. En fait, ma théorie est que les producteurs ont probablement cru a une réelle demande pour ce genre, alors que le succès initial était simplement dû à la qualité de l’oeuvre fondatrice du hentai. En pratique, il est désormais mélangé à un ou plusieurs sous genres (parodie, horreur, fantasy, etc), et est quasiment toujours auto parodique.
- Urotsukidoji: Le long métrage (également sous forme de trois épisodes distincts, version à préférer si possible) qui a fait découvrir le hentai en occident vers la fin des années 80 (relativement peu de temps avant Akira, donc) à un public franchement médusé. C’est un très bon film, et son approche sans compromis associée au scénario solide (habile mélange d’histoire d’amour sur fond d’armaggeddon) peut tout à fait convaincre quelqu’un n’aimant pas la pornographie. Il faut noter à contrario pour les fans de pornographie que le découpage des scènes n’a rien à voir avec un film X traditionnel, le sexe n’est pas le propos principal. Attention, la qualité de ses nombreuses suites est inférieure.
- La Blue Girl: Série très connue, assez rigolote (mais des démons tentaculaires molestent toujours des jeunes filles, eh ouais), mais médiocre.
Bien évidemment, il existe d’autres séries ou films hentais de qualité en plus de ceux cités. Il y en a quelques uns que j’ai probablement oublié, et encore bien plus que je n’ai jamais vu ou dont je n’ai jamais entendu parler. N’hésitez pas à me faire part de vos découvertes !
Article rédigé par Yoyo









Excellent … felicitations C’est un plaisir à lire et instructif à souhait . J’adore. Vraiment bravo Yoyo, c’est le genre de billet qu’on retrouve dans un coin de blog au détour d’une page d’internet et qui illumine une journée… Au plaisir de te relire et j’espère très vite !!!
Rafik
Même si je ne suis pas fan de manga, bravo pour cet article. En plus vous avez les liens sur wikipédia, c’est génial !!!
@ + sur le tchat
Oliv007
Merci pour les commentaires (je suis très très loin d’être un expert du hentai)
Les liens sont vers la version Anglaise de wikipedia, qui est nettement plus complète (désolé pour les nom anglophones, les articles ont des liens vers la version Francaise, si elle existe).
Liste complète: http://en.wikipedia.org/wiki/List_of_hentai_anime
Yoyo